Monsieur Bernard Zürcher accueillait le 22 Novembre 2016 le Cejart afin d’échanger et de partager son expérience de galeriste. Historien de l’art et ancien conservateur notamment au Jeu de Paume et au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, il décide de quitter les rouages de la fonction publique et d’ouvrir sa propre galerie dans un souci d’indépendance et de liberté.

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Le CEJART en compagnie de M. Bernard Zürcher

En 1992, Monsieur Bernard Zürcher ouvre les portes d’une des première galerie d’art contemporain au 56 rue Chapon à Paris, accompagné de son épouse Mme Gwenolee Zürcher. Par la suite ils pousse l’aventure plus loin et ouvre une galerie à New York en 2008.

Au début des années 1992,  Monsieur Zürcher est un précurseur du marché de l’artcontemporain en France car à cette période on en expose et propose peu. Il nous explique que pour lui le rôle d’un galeriste est de découvrir des artistes et de les faire progresser d’un point de vue artistique mais aussi dans leur carrière. Il s’oppose à l’idée d’un galeriste comme un strict marchand contrairement à certains de ses confrères.

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Actuellement exposé à la galerie : Study for The Phoenix and the Mountain #3, 1980 – Regina Bogat / Crédits : Galerie Zürcher

Il admet cependant que l’oeuvre est la forme d’un esprit et d’un talent artistiques touchée par l’originalité mais que cette forme est « consubstantielle » à l’oeuvre comme produit. Soulignant cet antagonisme constitutif de l’oeuvre, il développe son propos pour démontrer que le galerie avant tout doit avoir un coup de cœur pour les artistes qu’elle représente, cela étant l’aspect subjectif du métier. Mais il ajoute que le galeriste se réfère également à des données objectives pour évaluer et définir l’oeuvre de l’artiste qu’il rencontre, « bientôt un algorithme », plaisante-il !

Monsieur Zürcher défend le métier de galeriste comme prospecteur et promoteur de talents, il se refuse de céder à devant des investisseurs et prône l’indépendance pour la passion,  malgré les charges et risque financiers qu’il faut parfois prendre. Il se dit de la « vieille école »  et se voit comme un artisan du marché de l’art.

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Après avoir développé plusieurs aspects de son métier comme celui de l’édition des catalogues et le milieu des foires qui ne cessent de se multiplier, un élève l’interroge : « pourquoi avez vous ouvert une galerie à New York ? » Monsieur Zürcher, soulignant la pertinence de la question raconte cette nouvelle aventure qui a débuté en 2008. Sentant la baisse du marché de l’art français, il a souhaité développer une succursale aux Etats Unis, devenu le lieu idéal pour la promotion d’artistes français, et malgré les obstacles rencontrés, a réussi à s’imposer sur le marché de l’art américain.

Et pourquoi pas l’Asie ? “Trop tard” dit-il et surtout le marché américain lui convient assez, ajoutant qu’il a toujours été un grand amateur de l’art contemporain américain.

L’échange se poursuit et Monsieur Zürcher n’est pas avare en anecdotes. Il partage son métier qu’il fait depuis 25 ans. Largement reconnu dans le milieu et dans tout le marché de l’art, ce fut une grande chance de pouvoir le rencontrer et partager une discussion avec lui pour faire naître, pourquoi pas, quelques vocations.


Galerie Zürcher 

56 rue Chapon 75003 Paris

Site de la Galerie Zürcher


Lorraine Pipart