La Maison Rouge recevait le mardi 22 novembre 2016 le sénateur François Commeinhes pour une présentation-débat de sa proposition de loi « tendant à encourager l’activité culturelle et artistique et à renforcer l’attractivité du marché de l’art ».

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Hervé Di Rosa – Good

Le sénateur de l’Hérault et maire de la ville de Sète dans le Languedoc Roussillon a institué depuis plusieurs années un réel dialogue avec les différents artistes de la commune, dont Hervé di Rosa -actuellement en exposition à la Maison Rouge. Le constat est pour lui sans appel : la culture est une source de richesse économique. Pourtant, nombreux sont les obstacles qui se présentent sur le chemin des institutions, galeries, exposants et artistes. Dans un contexte où les aides des collectivités territoriales sont de plus en plus rares, il est temps de faire tomber le mur infranchissable qui séparait financement public et privé et de s’inscrire dans ce renouveau du mécénat culturel.

Deux grandes mesures sont à souligner. Premièrement la proposition de loi prévoit la création d’une agence nationale de financement sur un modèle similaire à la Banque publique d’investissement. Celle-ci aurait la possibilité de soutenir les projets culturels et prendre plus de « risques » que les banques et fonds d’investissement traditionnels, grâce à la création d’un fonds  qui serait en premier lieu alimenté par une taxe sur les opérations de commerce électronique. La seconde mesure a pour objectif d’encourager le financement culturel participatif par la création d’un livret A culturel. Il s’agit d’introduire une logique de retour sur investissement dans le monde culturel, qui resterait un retour raisonnable et non purement financier, puisqu’entre les mains d’une agence étatique et non privée.

Aux côtés de Monsieur le Sénateur, le jeune entrepreneur Steven Hearn défend les idées de cette nouvelle proposition qui fait écho à son propre rapport, déposé auprès du ministère de la Culture en 2014, sur « le développement de l’entreprenariat dans le secteur culturel en France ». Toutefois, les mesures sont encore à l’état d’ébauches et certains n’y voient que le développement de l’IFCIC, établissement de crédit agréé par le ministère de la Culture et le ministère de l’Économie et des Finances. Si la proposition de loi, en cet état, ne semble pas convaincre, elle rassemble toutefois l’ensemble des acteurs du monde culturel sur la nécessité de développer le mécénat culturel en France. Alors qu’il n’était considéré que comme une solution de secours, le mécénat devient moteur en ces temps de chute des subventions étatiques. Malgré le retard qu’a pris notre pays dans ce domaine, contrairement aux grandes institutions américaines et anglaises, certaines institutions telles que le Palais de Tokyo, qui s’auto-finance à plus de 60%, nous montrent que le mécénat culturel est en pleine expansion et devient un élément essentiel du monde culturel.


Cécile Colleville