L’actualité a été marquée cette semaine par deux ventes-évènements organisées par deux des maisons de ventes des plus prestigieuses du marché de l’art. Retour sur la vente Claude Berri chez Christie’s Paris et la vente David Bowie chez Sotheby’s Londres qui se sont déroulées dans deux ambiances bien différentes. 

Air Power – Jean-Michel Basquiat / Crédits : Télérama

Collection Claude Berri – 12 Novembre 2016 – Christie’s Paris

Le CEJART a eu la chance d’être convié au troisième volet de la vente de la succession Claude Berri dédié à sa collection de photographies. Le marteau rythmé de Me Camille de Foresta a égrainé à un rythme soutenu, devant une salle que nous avons regretté trop clairsemée, plus d’une soixantaine de photographies qui ont appartenu au feu cinéaste qui s’était passionné pour la collection dans les années 70 après avoir acheté une gouache de Magritte. Son fils, le producteur Thomas Langmann, présent à la vente, a choisi de se défaire de cette collection afin de lui-même se lancer dans cette activité. Il avait par ailleurs vendu en 2011 la collection d’art contemporain de son défunt père pour 50 millions d’euros au Musée d’art moderne et contemporain de Doha au Qatar, pour une somme 50 % plus forte que celle proposée par le Centre Pompidou qui devait dans un premier temps recevoir cette collection par dation (1). La vente du 12 Novembre en réalisant un résultat de 820 750 euros propose un score modeste en comparaison à la première vacation parisienne consacrée à cette collection réalisée pendant la FIAC, le 22 Octobre dernier avec un montant total des adjudications de 8 320 125 d’euros.

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Rear view, open air theater, Vancouver (2005) – Jeff Wall / Crédits : Marian Goodman Gallery

Sans surprise, le lot qui a fait le plus grimper les enchères lors de la vente, totalisant plus d’un quart des recettes de celle-ci est une photographie de Jeff Wall intitulée Rear view, open air theater, Vancouver (2005) vendue pour 290 500 euros mais pourtant n’atteignant pas son estimation basse. Quelques bonnes surprises sont néanmoins à relever, à l’instar de la vente d’une photographie de Jean Painlevé, Pince de Galathée (1928) qui a été disputée pour un résultat final de 12 500 euros soit près de trois fois son estimation, ou encore une photographie d’Yto Barrada, Dos à la ville # 2, série ‘Le Belvédère – Mirador de la Kasbah’, 2002, vendue pour 6 875 euros.

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Dos à la ville # 2, série ‘Le Belvédère – Mirador de la Kasbah – Yto Barrada / Crédits : Auction Club

Pour les retardataires, quelques photographies de Thomas Ruff, Marnie Weber ou encore d’Alexander Rodchenko entre autres n’ont pas encore trouvé preneur.

Collection David Bowie – 10 et 11 Novembre 2016 – Sotheby’s Londres 

Ce week-end, la maison de vente londonienne organisait trois ventes consacrées à la dispersion de la collection du chanteur David Bowie totalisant un score spectaculaire de presque 33 millions de livres sterling pour l’ensemble des ventes. Si la qualité de la collection a encouragé les ventes, l’effet Bowie a également contribué à faire exploser les résultats.

Une première vente réalisée dans la soirée du 10 Novembre consacrée à l’art moderne et contemporain a largement dépassé les attentes de la maison de ventes avec près d’une cinquantaine de lots pour la plupart vendus au dessus de leur estimation haute. Relevons notamment Air Power  (1984) de Jean-Michel Basquiat vendu le double de son estimation pour la somme de 7 093 000 livres.

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Dawn (1990) – Odd Nerdrum / Crédits : Nerdrum Museum

La seconde vacation, organisée le lendemain en journée et consacrée également à une partie de la collection d’art moderne et contemporain de l’artiste, regroupant un corpus plus éclectique, allant de l’expressionnisme allemand à l’art contemporain africain, a poursuivi la prodigieuse diffusion des oeuvres de l’icône. Notre préférence s’est portée sur l’oeuvre du Suédois Odd Nerdrum, Dawn (1990) cédée pour 341 000 livres, soit plus du triple de son estimation.

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Valentine – Ettore Sottass

Enfin, dans la soirée du 11 Novembre, était dispersée la dernière partie de la succession du chanteur, dédiée à la collection de Design regroupant des oeuvres d’Ettore Sottass et du groupe de Memphis. Lorsque s’ouvrait cette troisième vente avec la machine à écrire « Valentine » d’Ettore Sottass estimée entre 300 et 500 livres, la maison de vente ne pensait pas qu’elle s’arracherait pour 45 000 livres, annonçant le début d’une vente pleine de surprises. La plupart des lots étaient annoncés pour une valeur inférieure à 1000 livres mais la centaine de lots présentés a totalisé en réalité presque 1,4 millions de livres de vente, résultat qui ne sera pas sans incidence sur les prochaines ventes de mobilier du groupe Memphis. Affaire à suivre !

A suivre cette semaine :

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L’iconique robe de Marilyn Monroe en vente cette semaine ! / Crédits : Esquire

– Le CEJART cette semaine suivra avec attention le Jeudi 17 Novembre, la seconde vente « Origines et Trajectoires » organisée par la maison de vente PIASA (2) dédiée à l’art contemporain africain proposant une alternative singulière quant aux ventes habituellement organisées dans la capitale.

– Plus légèrement, ce 17 novembre également, le monde aura les yeux rivés sur le résultat de la vente à Los Angeles par la maison de vente Julien’s Auction de l’iconique robe de Marilyn Monroe portée lorsqu’elle susurrait « Happy Birthday Mr. President » à l’attention de John Fitzgerald Kennedy. Si la robe avait déjà été vendue pour 1 million de dollars en 1999, elle est cette fois estimée pour 3 millions de dollars (3). De quoi faire fantasmer plus d’un collectionneur…


(1)http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/02/24/le-centre-pompidou-a-perdu-la-dation-claude-berri_1484680_3246.html

(2) http://www.piasa.fr/pdf/catalogue/161117_Catalogue-ART-CONTEMPORAIN-AFRICAIN.pdf

(3) http://www.juliensauctions.com/press/2016/marilyn-monroe-happy-birthday-mr-president-dress.html


Léa Vicente